Pierre Téchené

le résistant dans les Landes

sur le canton de Gabarret

Rétrospéctive de la guerre 1939-1945

La bataille de France en 39-45
Appel du 18 juin Général De Gaulle
Résistance dans le Sud-ouest de la France
L'invasion de la France en 39-45
L'exode de 1940

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​Le fascisme s'était étendu dans toute l'europe traînant son lot de crimes. L'europe était malade de la peste brune. Il y eut les premiers symptômes en 1922 en Italie, en 1933 en Allemagne, en 1939 en Espagne. Pourtant à Londres et à Paris on ne réagissait pas par "pacifisme". Pourquoi mourir pour les Sudètes ?  Pourtant lorsque les blindés allemands arrivent à Sedan le 12 mai 1940, le cauchemar commence pour la France. Battue, humiliée, elle signe l'armistice franco-allemand le 22 juin en forêt de Compiègne. Le 24 octobre 1940, le Maréchal Pétain engage la France dans la collaboration.

 

Pierrre Justin Téchené ne peut l'accepter. Comment le pays pour lequel il s'est battu et a perdu son bras, peut il renoncer au combat et se laisser dominer par les nazis ?

Il décide alors, avec des amis, d'entrer dans la résistance dans son Sud-Ouest landais natal.

 

Sur la demande expresse de Gabriel Cantal dont il deviendra le bras droit sur le canton de Gabarret (40), il intègre le réseau Hilaire-Buckmaster dès le 1 décembre 1942. Réseau trés bien structuré agissant dans le sud-ouest. Il est devenu ainsi, l'un des pionniers de la résitance dans les Landes.

De fait, il fera parti du SOE. Le Special Operations Executive est l'un des neuf services secrets utilisés par les Britanniques pendant la guerre. Le SOE est structuré en deux branches principales: l'une fournit les moyens (instruction, armement, explosifs, codes secrets, postes émetteurs, habillement, etc.), l'autre dirige les opérations, généralement par sections travaillant sur un pays particulier.
 

Après la rafle du 21 avril 1944 et la déportation de Gabriel Cantal à Neuengamme, Pierre Justin Téchené prendra la tête de l'organisation cantonale.

 

Au terrain d'atterrissage de la "pluie" situé au nord de Gabarret, à Lubbon, en pleine forêt prés d'une ancienne bergerie, il fait partie d'une des plus belles équipes de récèption de parachutages. Le rôle de ses hommes consistait à préparer les pistes d'atterrissage en pleine forêt pour les avions britanniques.

 

C'est ainsi que dans la fraîcheur des nuits landaises et dans une attente crispée, lui et ses compagnons d'armes dont Jules Gabriel Castagnos (maire de Lubbon) guettaient le moindre message allié délivré parmi les phrases incohérentes et malgré le brouillage radio.

Ils étaient à chaque fois inquiets : fera t-il du brouillard ? L'avion viendra t-il ?

Jusqu'au son du quadrimoteur, qui les délivrait. Ils devaient ensuite se précipiter pour récupérer les parachutes, et cacher le matériel et les agents anglais dont ils avaient cruellement besoin pour accomplir leur mission, le tout, sans  éveiller les soupçons.

Ainsi Anne-Marie Walters, agent de liaison et radio du réseau wheelwright et Claude Arnault instructeur-saboteur  du SOE, surnommés respectivement Colette et Néron furent parachutés sur Créon d'Armagnac le 4 janvier 1944.

 

1944 arrive. On assiste à un regain de tension et à des représailles allemandes de plus en plus fréquentes et dangereuses. Les imprudences de certains cadres du chantier de jeunesse restant à Gabarret et l'activité des miliciens locaux, amènent les autorités allemandes à lancer une grande opération de ratissage, le 21 avril 1944 de Mont de Marsan à Gabarret. Il en résulta 2 000 interpellations, plus de 600 interrnements à Bordeaux au fort du Hâ, des fermes et des maisons incendiées, un berger assassiné, trois israélites fusillés à Gabarret, d'autres disparus à Bourriot, au moins 250 jeunes des chantiers et quelques civils déportés en Tchecoslovaquie en camps de travail, mais aussi 78 hommes et une femme.

Gabriel Cantal et Pierre Blanchard après une tentative d'évasion ratée au camps de jeunesse à Gabarret qui servait de lieu de détention (collège public aujourd'hui), seront déportés respectivement à Neuengamme (camp de concentration, Konzentrationslager en allemand, abrégé KZ, établi le 13 décembre 1938, au sud-est de Hambourg) et Dachau pour le second. 35 d'entre eux n'allaient pas revenir, victimes de la barbarie concentrationnaire nazie.

Lors du convoi qui a amené les prisonniers au fort du Hâ à Bordeaux, seul l'ancien maire de Beaudignan monsieur Boudet à réussi son évasion durant le trajet, en sautant dans un virage du camion allemand en marche.

 

Voici maintenant la petite histoire liée à cette rafle :

 

Pierre Téchené fut lui aussi fait prisonnier lors de cette rafle et ne dut sa délivrance qu'à l'intervention de son fils

Bernard 8 ans. En pleurs devant l'entrée du lieu de détention, réclamant le retour de son père, ses larmes apitoyèrent un officier médecin allemand qui assistait silencieux à la scène. Eprouvant un certain respect envers un mutilé de la grande guerre, il ordonna sa libération sur le champ.

Lorsque les allemands s'aperçurent de la libération de Pierre Téchené, ils mirent de gros moyens pour le retrouver, n'hésitant pas à investir sa maison, à la fouiller de fond en comble et à prendre en otage sa fille Armande pendant plusieurs heures; cherchant à lui faire avouer le lieu de la nouvelle retraite de son père, sous la menace d'une mitraillette plaquée derrière sa nuque.

Les allemands voulaient brûler la maison, mais le maire de l'époque monsieur Gaujous s'est interposé argumentant que la maison était à l'intérieur du village et qu'y mettre le feu signifiait l'incendie de la totalité du village.

 

Pierre Téchené et son gendre René Mougin étaient en fuite dans la forêt pour se cacher. Alors qu'ils étaient cachés dans les ronces au fonds du ruisseau du "Benloc", ils virent passé une estafette allemande qui allait en direction du lieu dit "Espérous"à l'ancienne ferme de Pierre avec à son bord sa fille Armande sous bonne garde. Très inquiets pour leurs proches, Ils décidèrent de quitter le canton de Gabarret (40) et de partir sur la ferme du "Grué" sur la commune de Montréal du Gers (32).

A cet endroit ils rejoignirent Raymonde Frayret née Téchené, la cousine germaine de Pierre.  A cette époque trouble, il n'y avait pas beaucoup de courageux pour les accueillir et leur prêter assistance.

Pierre Téchené était un peu gêné de demander de l'aide, car la situation était particulièrement dangereuse avec les allemands et les miliciens locaux qui patrouillaient sans cesse sur les secteurs du Gers, Lot et Garonne et Landes.

Nos deux résistants séjournèrent huits jours sur les abords du "Grué".  Par sécurité, afin de ne pas éveiller les soupçons, ils ne dormaient pas dans la ferme, mais dans le vieux poulailler qui était en lisière de la forêt, afin de pouvoir fuire en urgence si nécessaire.

La famille Frayret était prudente, et elle se méfiait beaucoup du voisinage, ainsi que du facteur et du boulanger qui venaient quotidiennement à la ferme.

Mais elle se méfiait aussi de leur fils aîné qui n'avait pas tendance à la discrétion.  Raymonde trouva un prétexte pour l'éloigner de la ferme durant cette courte période.

Après ces quelques jours de répit, Pierre Téchené et son gendre, sont repartis en direction de Barbotan les Thermes vers le domaine de " Senset " ou résidait le frère de Pierre, afin de ne pas mettre plus longtemps en danger la famille Frayret Téchené.

 

Après les évènements tragiques occasionnés par la rafle du 21 avril 1944 à Gabarret, les membres du réseau cantonal vont se regrouper sous le commandement de Pierre Justin Téchené au "camp de la pluie" à Lubbon au nord de Gabarret. Le terrain à protéger était destiné à recevoir du matériel, des troupes, des planeurs. Le message radio annonciateur d'un parachutage débutait toujours par "la pluie...ne coûte rien à l'angleterre". Dès lors, ces hommes étaient devenus des maquisards abandonnant momentanément leur famille pour vivre dans la forêt et dans la clandestinité afin de combattre pour un idéal : la liberté de la France.

 

 

Sources :

Dossier conçu, en partie, par des élèves de troisième  du collège de Gabarret ayant participé au concours nationnal de la résistance, avec la contribution de Christian Mougin petit fils de Pierre Justin Téchené.

 

Merci à Danny  Mougin petite fille de Pierre Justin Téchené, pour nous avoir fourni un complément de documents originaux.

 

Interview témoignage du 5 décembre 2015, de madame Raymonde Frayret néeTéchené agée de 98 ans résidant

à Montréal du Gers (32).

 

Dictionnaire Historique de la Résistance.

 

A noter que certains faits mentionnés sur ce site, sont incomplets, par manque d'information.

SOE et résistance dans les Landes

Clic sur l'image pour voir les vidéos.

Témoignage de Mr Michel Farcet

Fusion Acquisition et Management Consulting, PME-PMI Partenaire Deloitte In Extenso Finance et Transmission

 

Bonjour Mr  Jean Noel TECHENE

J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt  les efforts que vous développez pour transmettre aux Générations montantes la mémoire se rapportant à ceux qui se sont impliqués dans « La Résistance du Gabardan » dans les Landes. Votre Grand-père Pierre Justin Téchené  en fut un précurseur bien avant le Dday du 6 juin 1944.

De mon coté, le fils de Militaire que je suis, essaye de transmettre la mémoire de la génération de mon Père qui a rejoint le sol français au Débarquement de Provençe le 15 aout 1944  dans l’Etat-major du Général de Monsabert (10ème DIC) comme Officier de liaison auprès des troupes américaines.

Bien amicalement à vous de Michel Farcet.

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